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La musique (classique) adoucit les moeurs

La musique (classique) adoucit les moeurs

Une chronique sur les enfants réfugiés en Syrie et une furieuse envie d’écouter un morceau de musique.

J’essaie avec Sade – la colère est toujours en moi… ça ne passe pas.

Plus de 14 Mios d’enfants syriens et des pays voisins pris en otage par ce conflit depuis 4 ans.

Je lis des articles, des tonnes d’articles…De façon clinique, je vois tous ces visages d’enfants dont la lumière se ternit, ces joues creusées, ces enfances bafouées, ces mémoires, futures résiliantes de scènes abominables qu’elles auront emmagasinées à vie.

Et les miens, mes enfants, que j’entends hurler de rire en visionnant l’Age de Glace dans la pièce à côté…

Puis, je vois cette petite fille de 4 ans – ma fille – nos filles,  qui lève les mains face à un téléobjectif de photographe pensant qu’il s’agit d’un révolver.Electrochoc.

 

Elle s'appelle Hudea et elle a 4 ans.
Elle s’appelle Hudea et elle a 4 ans. Copyright Osman Sagirli

 

Combien de fois a-t-elle vu l’horreur ? Combien de mains levées a-t-elle observé avant que les corps ne s’étalent au sol sous le bruit des balles ? D’où lui vient ce réflexe du haut de ses 4 ans de vie déjà infernale ?

J’essaie Asaf Avidan – je suis toujours amère et tellement désespérée de mon impuissance quotidienne.

Le camp d’ Atmeh n’est qu’un nom dans une chronique tout comme celui de Zaatari où près de 80,000 personnes vivent quotidiennement dans des conditions de précarités intenses – où le peu d’humanité restante consiste à préserver l’eau potable pour tous.

80,000 personnes, c’est un gros Stade de France… 80,000 personnes c’est grosso modo Versailles ou Asnières ou encore Courbevoie… c’est là, tout proche et pourtant tellement loin.

La paix, je finis par la trouver. Une fois les mots couchés dans mon texte, dans ma tête, dans cette chronique qui j’espère nous permettra au moins l’espace de 5 min de voir la détresse de ces enfants.

Quels hommes et quelles femmes seront-ils ? quels parents deviendront-ils à leur tour ? Quelle notion d’humanité transmettront-ils ?

Ah Enfin – Mozart… voilà.

C’est toujours un morceau classique qui m’apaise. Générosité, rondeurs, douceurs et temps suspendu…

Ma respiration se fait plus lente, mes yeux se ferment, ma tête glisse et se laisse envahir par de beaux et purs sentiments.

Concerto pour Clarinette… quel soulagement – j’oublie la brutalité et surtout je reconnecte au monde… – Ma colère s’est dissipée pour laisser place aux larmes sur un sourire d’apaisement, aux émotions primitives et collectives.

Personne ne peut être insensible à la beauté faite notes.

Personne.

Ecouter du classique devrait être obligatoire, pour tous, toujours.

Bachar c’est pour toi – et tellement d’autres…

Douce nuit.

Elsa

 

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3 commentaires

  • Al Mezayen Line- 06 avril 2015

    Moi je n’arrive pas a trouver la paix … Pays de mes enfants, (qu’ils ne connaitront jamais comme moi, en paix) mais surtout lieu de rencontre avec mon mari, il y a deja 14 ans ! Des que je pense a ce pays et a ce peuple, je rappelle que d’une seule chose : leur gentilesse. Oooh ouii Elsa N’oublions les autres pays !!!! Des Bachars il y en a d’autres ( beaucoup trop ). Merci pour votre chronique !

  • lydia- 06 avril 2015

    Pauvre puce…pauvres enfants… Pauvres familles qui subissent toutes ces horreurs…mon dieu

  • Zahra- 22 avril 2015

    merci Elsa pour cette attention à ces enfants qui endurent des horreurs au quotidien et que la communauté internationale semble bien les oublier, les abandonner à leur malheureux sort. Grand merci !!

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