Culture & littérature

La Délicatesse se partage – Chronique Métropolitaine

La Délicatesse se partage – Chronique Métropolitaine

Un 23 août à Paris

J’aime regarder les gens. Imaginer à quoi pourrait ressembler leur vie.
A la terrasse d’un café, dans la queue d’un supermarché, à la plage, dans le bus. Tous les lieux sont propices et nourrissent l’ imaginaire.

Lui, Je ne l’ai pas vu entrer dans la rame.
Ce sont ses va et vient entre les portes fermées du métro qui ont attiré mon attention.
Angoissé ? Pressé ? Soucieux ? Réfléchissant ?
Il m’a paru tout droit sorti d’un film de Mocky.
Pantalon gris hautement ceinturé sur T-shirt à l’éffigie de la Bretagne dissimulée sous les revers d’une veste marron. Sur le t-shirt, je peux lire : Breizh sur une croix.

Station Glacière
Belle moustache d’un albâtre Jauressien – Cheveux mi longs impeccablement blancs et parfaitement peignés en arrière.
Le regard bleu – du bleu qui ouvre une porte et donne, à voir au plus profond de notre âme.
Il est noble et digne.Et inquiet aussi.

Saint Jacques
Soixante-dix ans, peut-être moins sans doute bien plus – un physique sec qu’une chienne de vie semble avoir adoré. Il est un brin décalé et formidablement moderne.
Mains fines et longues – à l’annulaire droit, une bague.
Une bague lourde en argent précisément délavé…
Elle est abîmée tout comme son visage aux rides amoureusement taillées à la serpe.

Denfert Rochereau
2 pas à droite – un regard vers le tunnel… 2 pas à gauche un regard vers l’autre tunnel… puis le quai à l’ouverture des portes. Il ne descend pas.
La même scène se répète – comme une danse. Un détail attire mon attention: sa main droite cachée sous la manche trop longue de sa veste.
Sa main droite, porte un livre.
Farouchement serré, presque collé – agrippé comme une bouée de sauvetage.

Raspail
Ce livre c’est La délicatesse – ou comment David Foenkinos nous guide pour reprendre goût à la vie quand tout s’écroule.

Donc, cet homme tient fermement la Délicatesse. Drôle de symbole. Comme s’il la serrait pour la dernière fois avant de la confier à quelqu’un davantage dans le besoin.
Encore cette valse soucieuse, cette valse des pas perdus, et puis toujours cette main qui serre si fort l’ouvrage.

Sous les traits de cet homme, Je crois que j’ai rencontré la Liberté – Elle est inquiète.
La Liberté apporte la Délicatesse à la République.
Oui, çar elle est descendue à Edgar Quinet.

Les bons livres se transmettent, suggèrent, révèlent , rencontrent, et surtout se partagent.

 

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