Culture & littérature

Les débris de Dennis Kelly – Théâtre

Les débris de Dennis Kelly – Théâtre

Aimer un texte amène à vouloir connaître davantage son auteur, ses sources d’inspiration, son univers. Alors, après avoir reçu un choc en assistant à  la pièce « l’abattage rituel de Gorge Mastromas », j’ai pu me plonger dans la lecture d’une autre œuvre du répertoire : Débris.

Rien que le choix du titre laisse présager la folie littéraire qui va encore noircir les pages du cahier de Dennis Kelly pour en produire une pièce à 2 personnages.

Toujours aussi absurde, toujours aussi noir, grinçant, déstabilisant et terriblement efficace.  Efficace parce qu’elle nous conduit à maintenir un certain voyeurisme dans l’escalade du dégout à certains endroits.

Michelle et Michael frère et sœur cherchent à s’extraire de leur vie et se racontent. L’une est née à la mort de leur mère étouffée par un os de poulet, tout cela sous les yeux du petit Michael.Et lui assiste au suicide ultra-ingénieux de leur père qui se crucifie le jour de ses 16 ans. Puis, Michael racontera la découverte d’un bébé dans une poubelle qui survit en pompant son sein et le vide de son sang.

 

Cette pièce est une forme de métaphore de la genèse : de l’os de poulet, à la crucifixion en passant par les prénoms gémellaires. Critique d’un monde sans spiritualité par trop de religiosité parfois mais pas forcément là où l’on croit : religion de la télé notamment. Une réflexion philosophique sur l’instinct de survie et sur les déterminants humains qui rappelle à certains égards la tirade de ON NE BADINE PAS AVEC L’AMOUR : » le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime… »  qu’on conclurait cette fois pas « c’est la présence de ce bébé ». Lui, Il s’accroche, vampirise et se nourrit de l’autre pour lui redonner parfois une place ou un sentiment de joie tant attendu.

Propos percutants – décapants – dérangeants et terriblement d’actualité comme souvent avec l’auteur britannique.

Une pièce signée Dennis Kelly.

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